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_______ MESSAGE PATRIARCAL ______
+ B A R T H O L O M E E
par la grâce de Dieu Archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et Patriarche Œcuménique à tout le plérôme de l’Eglise que la grâce, la paix et la miséricorde du Christ notre Sauveur glorieusement ressuscité soient avec tout le plérôme de l’Eglise
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Frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur,
«Voici que l’hiver passe!»[1], «le printemps» du salut « arrive », « on voit des fleurs dans le pays ; on entend la voix de la tourterelle, (…) les ceps en bouton donnent leur senteur »[2]. La sainte et grande Pâque du Seigneur se lève, réchauffe, éclaire et fait resplendir le monde. « De lumière, maintenant, est rempli tout l’univers, au ciel, sur terre et aux enfers»[3].
Christ est Ressuscité !
Dieu, l’impassible, l’immortel, le bel époux de l’Église, notre Seigneur, frère premier-né et ami Jésus Christ « est ressuscité des morts, par sa mort il a triomphé de la mort », au troisième jour, après que, du haut de la Croix, il a dit : « Tout est achevé ! »[4]. Le séjour des morts s’ébranle à l’annonce de Sa venue[5], car non seulement il a réduit à l’impuissance celui qui détenait le pouvoir de la mort, vidant divinement les ténèbres, mais aussi car il donne une vie sans fin et une résurrection certaine à tous ceux qui, après cela et jusqu’à la fin du siècle, croiront à Lui, vivront en Lui et garderont jusqu’à la fin leur confession et leur foi en Lui. La justice étant la ceinture de ses hanches et la fidélité le baudrier de ses reins[6], Christ est sorti du tombeau, «ressuscitant avec lui tout le genre humain par amour pour nous»[7].
Voici donc, chers frères et enfants bien-aimés, le capital de notre grande fête et l’ambiance printanière que l’Église annonce à l’humanité. L’hiver rude de la mort, c’est du passé ! La tyrannie glaciale du diable est brisée. Le terrible royaume des ténèbres et de la perdition est anéanti. «Le Seigneur est roi. Il est vêtu de majesté!»[8]. Nous avons vu le Christ, par amour infini, souffrir volontairement sur la Croix, mourir et être enseveli pour nous et pour notre salut. Nous nous sommes prosternés devant Lui, le Ressuscité d’entre les morts et, avec les Apôtres et les femmes porteuses de parfums, nous avons écouté de Sa sainte bouche : « La paix soit avec vous ! »[9] et « je vous salue ! »[10], et notre cœur s’est réjoui. Cette joie, nul ne nous la ravira[11], car, désormais, la mort personnelle de chacun de nous est abolie en puissance. À condition de sacrifier notre sentiment charnel d’homme ancien, de crucifier la chair « avec ses passions et ses désirs »[12], à condition d’être « morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Lui »[13]. À condition d’être « ensevelis » avec Christ, « par le baptême »[14] « nous serons assimilés » à Sa Résurrection[15]. Saint Grégoire le Théologien proclame cette vérité en des termes très éloquents : « Hier, j’étais crucifié avec Christ ; aujourd’hui, je prends part à sa gloire. Hier, j’étais mort avec lui ; aujourd’hui, je vis avec lui. Hier, j’étais enseveli avec lui ; aujourd’hui, je ressuscite avec lui »[16]. Ainsi, le Seigneur ressuscité a résolu pour toujours notre problème éternel. Notre angoisse a pris fin. « Le Christ est ressuscité, et voici que règne la vie »[17], Désormais, ce n’est plus notre vie, notre résurrection qui est en question. Ce n’est plus du rêve, ce n’est plus de l’utopie. C’est une réalité palpable. Une réalité qui a un visage et un nom : « le nom suprême » Jésus Christ. Devant Lui tout genou fléchit, dans les cieux, sur la terre et sous la terre[18]. Toute langue confesse que c’est Lui le seul Dispensateur de Vie. C’est l’unique Seigneur qui vit et règne dans les siècles. Il partage volontairement Son Règne, Sa gloire et l’héritage de Son Père avec tous ceux qui communient à Sa Croix, à Sa mort et à Sa Résurrection, « le premier-né d’une multitude de frères »[19].
Depuis ce siège martyr patriarcal et œcuménique, nous prions le Seigneur de dispenser la paix au monde. De rependre la lumière de vérité et de justice dans les âmes humaines. D’accorder la patience et le soutien à tout être éprouvé. De donner le goût du salut et de la vie éternelle à tous les fidèles.
Que la gloire, la puissance, l’honneur et l’adoration, soient au Vainqueur de la mort et au chef de la vie, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles. Amen[i].
Saintes Pâques 2008
† Bartholomée de Constantinople,
fervent intercesseur auprès du Christ ressuscité pour vous tous
[1] Le Cantique des Cantiques, 2, 11.
[2] Cantique… 2, 12-13.
[3] Dimanche de Pâques, Matines, Ode 3.
[4] Jn 19, 30.
5] Cf. Es 14, 9.
[6] Cf. Es. 11, 5
[7] Office de la Résurrection.
[8] Ps 93 (92) 1.
[9] Jn 20, 20.
[10] Mt 28, 9.
[11] Cf. Jn 16, 22.
[12] Ga 5, 24.
[13] Rm 6, 8.
[14] Rm 6, 4.
[15] Rm 6, 5.
[16] Discours à la sainte Pâques
[17] Homélie de saint Jean Chrysostome pour le jour de la Résurrection.
[18] Cf. Ph 2, 9.
[19] Rm 8, 29.
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